Je me trouvais avec une femme qui se nommait
Terre Indienne, baptisée avec de la
terre mélangée au
sang, qu'on mit un peu sur son front. Il y avait aussi un autre type dont je ne souviens pas du nom, mais qui était une sorte de
maître spirituel. Puis y'avait un
yéti. Et moi, mi-chacal, mi-chat,
petit animal au museau pointu et aux grandes pupilles noires.
Des yétis bondissaient dans une
forêt bien soignée, très artificielle, un endroit assez
magique. Nous nous trouvions sur le
bord d'un lac, et le
chef spirituel nous expliquait que ce genre de lac était dangereux car ses rives étaient très raides ; de sorte que si quelqu'un tombait dedans il ne pourrait plus remonter. La forme de ce lac était comme une
pyramide renversée, au
sommet d'une butte.
Et moi j'avais peur des yétis. Leur atterrissage produisait un
bruit faramineux et je me suis réfugiée dans les poils du yéti qui nous accompagnait ; le
Maître nous dit alors de nous dépêcher de partir car il était temps. Le yéti fit des bonds d'environ 300 mètres de hauteur, à toute vitesse
(t'as vu Walibi à côté de ça c'est pour les chochottes).
Nous arrivâmes dans un endroit en pierre brune éclairé par des torches. Le
Maître nous dit de ne plus faire de bruit, car nous étions dans la
Cidade dos Sonhos, la
Cité des Songes.
*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_En gros il s'agissait d'un endroit où l'on amenait les gens qui sentaient que la mort était proche. Loin d'être morbide, ces mourants étaient accompagnés de leur famille et de leurs amis et tous ces gens passaient une semaine ensemble à discuter ou à effectuer divers rituels de passage... C'était une préparation au Grand Voyage dans le pays des morts, et l'ambiance n'était pas aux pleurs mais plutôt même à la joie, une sorte d'honneur ; la famille et les amis encouragent et souhaitent bonne chance au futur défunt. Lorsque ce dernier estime qu'il est prêt, on lui fait boire un poison qui tue comme on endort :
ainsi il part en paix.
Les alcôves où l'on place les défunts ne sont pas scellées ; au contraire elles restent ouvertes car l'on se doit d'avoir des nouvelles des morts de temps en temps, de venir leur parler, de leur demander ce qu'ils voient ici et dans l'au-delà. Elles sont agencées comme des sortes de chambres, très ergonomiques, avec des petites fresques simples sur les murs.
Les visages et les mains des momies sont traités avec du plâtre afin de conserver leur apparence d'origine, l'aspect lisse de la peau ; il est important que ces parties du corps restent intactes. Les défunts sont enrobés dans des longs manteaux de laine après dessèchement du corps, dont seuls le visage et les mains dépassent.
*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_*_Ainsi nous nous rendions parler à cette momie.
Tandis que le Maître opérait un rituel, je viens me coucher, les mains croisées, en sphinx au-dessus d'une corniche qui surplombe l'emplacement de la défunte (il s'agissait d'une femme).
J'ai alors éprouvé, dans mon rêve, une
sensation de détachement total du corps ; une légerté, un flottement, comme si
je me fondais dans un circuit d'informations d'où sortaient des compositions poétiques et littéraires à propos de la Cité des Songes. Bien que je me souvienne que la plupart de ces vers étaient beaux à pleurer, je ne m'en souviens plus... Seules quelques bribes restent :
Dans la Cité des Songes..
.... femmes électriques...
... .... .... lueurs de terre...
... rayons vibrants...
.... nuées.. .... ...
... sombre lumière (réconfort)...